2020, année de l'ingénierie inspirée par la nature

Après l'ingénierie pour la santé et l'ingénierie verte, l'INSIS met en 2020 l'accent sur l'ingénierie inspirée par la nature. Imitation de structures, de propriétés, de processus et d'interactions développés par des entités biologiques, les réalisations inspirées par la nature sont de plus en plus répandues dans de nombreux domaines de la recherche et de l'innovation.

Biomimétisme et ingénierie inspirée par la nature

On parle usuellement de biomimétisme, mais il peut être difficile de comprendre, définir et différencier la bioimitation, le biomimétisme et la bioinspiration. Tous ces mots différents renvoient à l’imitation de structures, de propriétés, de processus et d'interactions à la base développés par les entités biologiques. En réalité, ce principe d'imitation peut être étendu à toute la nature dans une démarche dite d’inspiration par la nature pour prendre en compte également les processus/structures/propriétés non-biologiques mis en œuvre dans la nature.

Plus spécifiquement, l'inspiration par la nature, correspond à l'exploitation à des fins d'ingénierie de concepts présents dans la nature, ce qui peut se faire à différents degrés :

  • Par une imitation des structures ;
  • Dans une approche s’inspirant des relations structure/fonction, propriété ou procédé ;
  • Dans une approche reproduisant uniquement la fonction, la propriété ou le procédé sans reproduire la structure ;
  • Et enfin dans une approche qui mime les interactions et les organisations inter-individuelles.

Dans tous les cas, la démarche qui consiste à s'inspirer de la nature est initiée par une problématique scientifique et/ou technologique identifiée et formalisée pour laquelle on souhaite trouver une solution d’ingénierie en cherchant dans la nature quels modèles peuvent constituer un facteur d’inspiration.

Appel à manifestation d’intérêt

Dans cette perspective, l’INSIS souhaite favoriser l’émergence de nouveaux projets/partenariats sur des concepts originaux et innovants et lance, dans cet objectif, un Appel à manifestation d’intérêt (AMI). Les propositions devront exposer de façon résumée le positionnement général et les objectifs du projet ainsi que l’approche envisagée.

L’appel est ouvert à des partenariats déjà constitués mais autorise également des candidatures isolées en recherche de partenariat.

Télécharger le formulaire de l'appel

Soie d'araignée

© Hervé Elettro et al. PNAS Bobinage capillaire d’une fibre synthétique de polyuréthane au sein d’une gouttelette d’huile de silicone. Dans cette expérience, une fibre hybride liquide/solide est légèrement comprimée. L’excès de filament est instantanément reconfiguré sous forme de pelotes au sein des gouttes.
© Hervé Elettro et al. PNAS
Des chercheurs de l’Institut Jean le Rond d'Alembert et de l’université d’Oxford (Royaume-Uni), se sont inspirés de la soie d’araignée pour mettre au point des fibres synthétiques hybrides. Dans cette expérience, une fibre hybride liquide/solide est légèrement comprimée. L’excès de filament est instantanément reconfiguré sous forme de pelotes au sein des gouttes.
Lames de bio-composite reproduisant les mouvements naturels de la pomme de pin qui s’ouvre et se ferme en fonction de l’humidité ambiante.
Lames de bio-composite reproduisant les mouvements naturels de la pomme de pin qui s’ouvre et se ferme en fonction de l’humidité ambiante. Ces biomatériaux, à base de fibre de lin, sont immergés dans l’eau pour observer leur ouverture, réversible, au contact de l’humidité. Ces expérimentations sont menées suivant une approche de bioinspiration. Des applications en bardage dynamique ou tracker solaire peuvent dès à présent être envisagées.
© Mickaël CASTRO/Antoine LE DUIGOU/IRDL/CNRS Photothèque