GO-Pro : les protéines jouent aux urbanistes

Bioingénierie Événement

À la base de toute vie, les protéines montrent depuis plus de trois milliards d’années des capacités de robustesse, de flexibilité et d’agencement hors-norme. Spécialisés dans l’étude de leur géométrie, des chercheurs des laboratoires Ampère, LAMA, LIRIS et IXXI les prennent pour modèles pour des problèmes à bien plus grande échelle : l’organisation des métropoles et autres zones urbaines. Leur projet "GO-Pro, gestion optimisée : protéines urbaines", est présenté à l'événement Biomim’Expo, le 11 septembre à Paris.

Plus petites briques fonctionnelles du monde du vivant, les protéines sont soumises à une dynamique très contrôlée qui leur assure mobilité et stabilité. Les acides aminés qui les composent ne sont ainsi pas disposés au hasard dans l’espace, ils s’agencent afin de former des pavages périodiques où l’espace vide entre eux garantit le bon fonctionnement de la protéine. Même si une mutation vient rompre cette harmonie, les acides aminés s’y adaptent en général. Afin de mieux comprendre la flexibilité de cette gestion de l’espace, des chercheurs des laboratoires Ampère (CNRS/Centrale Lyon/Université Claude Bernard/INSA Lyon), du Laboratoire de mathématiques (LAMA, CNRS/USMB), du Laboratoire d’informatique en image et systèmes d’information (LIRIS, CNRS/Université Lumière Lyon 2/Central Lyon/INSA Lyon/Université Claude Bernard) et de l’Institut rhônalpin des systèmes complexes (IXXI, CNRS/INRIA/ENS Lyon) ont développé des outils de modélisation des acides aminés au sein des protéines. Depuis 2017, ils appliquent dans le cadre du projet GO-Pro, gestion optimisée : protéines urbaines, leur simulateur à l’encombrement des bâtiments dans des villes telles que New York, Lyon ou Barcelone.

Prenant les bâtiments à la place des acides aminés, ils quantifient et qualifient l’espace vide disponible autour d’eux. Un moyen efficace pour comprendre comment les flux de voitures, de vélos ou de piétons pourraient mieux circuler dans les métropoles. La forme des bâtiments, guidée par les géométries suivies par les acides aminés, offre ainsi une voie prometteuse d’optimisation de l’espace urbain. Reste à convaincre architectes et urbanistes de jeter un œil dans le microscope, ce que les chercheurs comptent bien faire en participant à l'événement Biomim’Expo, dédié au biomimétisme, qui aura lieu le 11 septembre à l’Hôtel de Ville de Paris.

Des protéines aux villes : gestion de l'espace, formes et agencements de formes optimisés
© C. Lesieur / Ampère
Des protéines aux villes : gestion de l'espace, formes et agencements de formes optimisés

 

Contact

Communication INSIS